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Que cesse l’injustice !

Le comité de soutien appelle l’opinion publique à se rassembler pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle de quatre artistes contestataires : Abdallah Yahya, Mahmoud Ayed, Slim Abida et Yahya Dridi, condamnés à un an de prison dont près de neuf mois ont été effectués.

En notre qualité de citoyens tunisiens, sensibles à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen, nous vous interpellons sur la situation des jeunes artistes-militants emprisonnés depuis la nuit du 21 septembre 2013, accusés de consommation de cannabis, suite à un assaut policier au domicile du cinéaste, Nejib Abidi.

Cette arrestation, qui est intervenue alors que les artistes se savaient surveillés pour leurs actions militantes et parce que leurs documentaires commençaient à déranger en haut lieu, avait dès lors provoqué une vague d’interrogations. D’autant que les procédures se sont déroulées dans la plus flagrante illégalité : Pas de mandat d’arrêt ni de perquisition ; prélèvement urinaire par des policiers et non un corps médical spécialiste ; disparition des rushs des documentaristes, confisqués par la police au cours de la perquisition sans qu’aucun procès-verbal n’y fasse référence….

Près de neuf mois après, cette affaire continue de provoquer une vague d’indignation dans le milieu culturel et journalistique, principale proie et première victime de ce genre de violences orchestré par un système antidémocratique. Nous sommes à ce jour scandalisés de voir ce que subissent artistes et journalistes engagés et révoltés face à ces arrestations complètement arbitraires à l’encontre de ces jeunes militants tunisiens.

Jour après jours, nous voyons les autorités amnistier des ex-détenus de droit commun. Aujourd’hui, dans la Tunisie en plein élan révolutionnaire avec, le comble, à sa tête l’ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, nous continuons à espérer de voir nos jeunes détenus libérés. Abdallah Yahya, Mahmoud Ayed, Slim Abida et Yahya Dridi ne représentent aucune menace pour la société ; à l’inverse, leur maintien en détention est une menace pour leurs talents inouïs dans leurs domaines respectifs, pour la liberté d’expression et d’opposition et le processus démocratique engagé depuis 2011.

Personne n’est à l’abri du cauchemar que vivent ces quatre artistes, enfermés derrière les barreaux de l’injustice. Aucun de nous ne doit se croire intouchable car nous pouvons tous demain nous retrouver avec seulement 10 minutes, une fois par semaine, pour parler à nos proches, à travers les vitres sales des prisons inhumaines.

Venez nombreux, jeudi 12 Juin 2014, à partir de 18h devant le théâtre municipal pour un rassemblement artistique qui dénonce la situation équivoque que traversent nos confrères et exiger la libération immédiate et inconditionnelle de nos prisonniers.

Ces jeunes artistes ont à ce jour passé près de neuf mois de la sentence prévue à leur encontre (un an de prison et une amende de mille dinars). N’est-ce pas suffisant ? N’est-il pas le moment d’en finir avec cet acharnement orchestré contre les voix libres de la scène artistique-contestataire tunisienne ?

Qui sont-ils ?

  • ABDALLAH YAHYA, 34 ans, est réalisateur. Son documentaire premier « Nous sommes ici » est sorti en 2012. Il met en lumière le quotidien des habitants de Jebel Jloud, quartier situé à quelques kilomètres de la capitale où sont concentrés chômage, misère économique et difficultés sociales. Son second film «Le Retour », produit par l’artiste Nasreddine Shili S’hili, a été projeté à la salle Le Mondial en avant-première, dans le cadre du Festival des Droits de l’Homme, pendant que le réalisateur de l’œuvre était détenu en prison. « Un Retour » obtiendra le prix du meilleur film tunisien et celui du meilleur long métrage. Abdallah Yahya est connu pour avoir obtenu le plus grand nombre de prix depuis deux ans, dans les rangs des jeunes documentaristes tunisiens.
  • YAHYA DRIDI, 28 ans est ingénieur son et secrétaire général d’Asso Chaabi. Militant sur la question de la justice sociale et connu pour collaborer essentiellement sur des films engagés. Il a travaillé avec Nejib Abidi notamment sur un documentaire d’investigation en Italie sur les disparus de Lampeduza. Il réside entre la Tunisie et la France où il mène ses activités artistiques. Lors de son arrestation, il travaillait avec Mahmoud Ayed, Skander Ben Abid et Slim Abida sur une création musicale.
  • MAHMOUD AYAD, 29 ans est pianiste. Il a travaillé avec de nombreuses personnalités de la scène alternative et contestataire en Tunisie tel que Bendir Man. Lors de son arrestation, il travaillait avec Yahia Dridi, Skander Ben Abid et Slim Abida sur une création musicale.
  • SLIM ABIDA, 33 ans est musicien bassiste, compositeur et fondateur du groupe Jazz Oil. Il réside entre Tunis et Paris. Présent sur la scène musicale contestataire depuis plus de 10 ans, lors de son arrestation, il travaillait avec Yahia Dridi, Skander Ben Abid et Slim Abida sur une création musicale.

Florence Pescher-Dridi, Léila Abida, Dalila Ayed, Latifa Manaï, Mondher Yahya.

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